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 La nuit porte conseil. [Joan Foster]

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Grand méchant loup



Espèce : Mutant
Messages : 7
Date d'inscription : 12/08/2015

MessageSujet: La nuit porte conseil. [Joan Foster]   Mar 25 Aoû - 20:35

Sûrement toujours dans le coma, une idée me traversa l'esprit, si j'me baladais dans ce que mon inconscient a créé ? Ça pourra faire passer le temps et puis, ça pourra être intéressant de voir de quoi est fait cet univers que j'ai moi-même créé, oui ça pourrait m'apprendre des choses que je n'aurais jamais pu savoir, des choses sur moi-même. Bref, ça pourrait être sympa, plus sympa que cette perte de temps que serait mon séjour ici sans que je me promène. J'sors donc de chez moi, ouais, je considère pas cet appart' vide comme le cerveau de la plupart des êtres humains, j'veux dire, j'aurais pu avoir plus d'imagination: Un pauvre fauteuil, de quoi faire à bouffer, une douche, un lit. Voilà, même pas de sac de frappe pour éviter de tuer tout ce qui me passe sous la main... Bien que tuer tout ceux que je croise ne me fait pas peur, c'est peut-être même une bonne chose, l'absence de sac de frappe... Moi un sadique misanthrope ? Si peu. Mais j'aime pas le genre humain, des connards obnubilés par la thune sans se préocupper des gens, vouloir à tout prix gagner plus et être reconnu quitte à y laisser leur fierté, à délaisser ses amis, à niquer la santé et tuer des gens, ces gens là sont ceux que je prends le plus de plaisir à tabasser à mort. Oui je trouve ça amusant, et ? Je suis pas plus dérangé qu'eux.

J'sors de l'appart' et j'marche dans la rue, j'me dirige dans cette ville au hasard, j'en ai rien a foutre de l'endroit où je vais atterrir, j'préfère rester la tête dans les nuages que de redescendre. J'ai bien dû bousculer une trentaine de personnes pendant mon voyage sans jamais m'excuser, j'veux dire, faut pas déconner, je n'ai même pas fait attention à eux, ils n'ont rien à m'apporter et je veux pas faire de carnage maintenant, j'ai trop de questions qui arrivent et restent dans mon esprit, sans réponse, dans l'espoir d'en trouver une mais elle n'arrivait pas mais, contre toute attente, ça ne ménervait pas plus que ça, j'me disais que, de toute façon j'allais rester ici pas mal de temps, j'allais avoir le temps d'y répondre, tôt ou tard...

La question que je me posais le plus était celle-là: pourquoi dans le monde que j'ai façonné de n esprit il y a autant de gens ? J'aime pas l'Homme et donc le fait qu'il y ait tant d'habitant, ou du moins de passants, peut-être pour que je les tue, car je suis dans l'impossibilité de mourir, je veux dire, je suis dans le coma ou bien déjà mort alors bon, si je commets un carnage, il y aura pas tant de répercusions sur ma santé... Mais quand même ! Tuer des gens qui ne sont pas réels est inutile ! Bon, peu importe, tuer me calmera si un jour j'en éprouve l'envie. J'avais en fait une deuxième question qui revenait souvent, je m'en suis rappelé quand j'suis rentré chez moi parce que j'tais fatigué à cause de ces questions qui me torutraient l'esprit, justement, pourquoi étais-je fatigué alors que j'étais dans un monde imaginaire, ça n'a aucun sens. Cette question, par contre, je n'y répondrais probablement jamais... Et ÇA ça m'énervait ! Tout en essayent de me calmer, j'me suis assis dans ce fauteuil – ma foi plutôt confortable- et j'me suis mis à penser à ma vie avant ces conneries du centre de recherches, puis j'me suis perdu dans mes pensées, j'ai revu ma vie avec ma famille, à l'époque où on était au grand complet: Ma femme, Elena, l'époque où j'étais heureux, vraiment heureux, j'aimais les gens, j'aimais la vie et la vie m'aimais, mais ça 'a pas duré. J'ai continué à penser à cette époque puis je me suis endormi, combien de temps ai-je dormi ? Je ne sais pas, mais quand je me suis réveillé, il faisait nuit noire, ça tombe bien, je préfère la nuit: On croise moins de connards dans la rue.

J'suis donc sorti prendre l'air et tout en m'allumant une clope j'me suis dirigé à l'instinct, et cet instinct m'a guidé dans ce dédalle de ruelles étroites tout en tâchant de faire à ces ruelles et de retenir le chemin, histoire de rentrer avant la semaine prochaine, puis, mon instinct m'a mené jusqu'à cette place, où il y avait cette fontaine... J'y suis allé et j'me suis assis dessus, tout en fumant ma clope, j'en été arrivé à la moitié de celle-ci quand une question revint dans mon esprit: Pourquoi avais-je envie de fumer alors que j'étais dans mon esprit ? Puis j'me suis dit: "Pfuh ! C'est surement parce que mon cerveau, même dans le coma a envie de fumer... Et si c'est pas le cas... Pfuh ! J'répondrais plus tard à cette putain de question." tout en analysant les alentours j'ai aperçu, enfin je l'ai entendue marcher avant de l'apercevoir m'enfin... j'ai vu de loin une ombre, impossible de dire si c'était un homme ou une femme mais en tout cas elle était pas bien grande. Du moins, c'était l'impression que j'avais de là où j'étais. En espérant que cette personne inutile à la société ne vienne pas m'emmerder...

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Joan Foster
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MessageSujet: Re: La nuit porte conseil. [Joan Foster]   Jeu 27 Aoû - 1:50

Joan revenait d’une après-midi chargée, qu’elle avait passée à faire le plein de vêtements masculins, puisqu’un seul ensemble ne lui convenait pas. D’autant qu’il avait pris relativement cher, ce pauvre costume. En s’étouffant dans son cyanure, d’une façon très peu élégante, Joan l’avait foutu en l’air. Le col était taché et elle n’avait évidemment pas manqué de renverser également du vin sur les vêtements « de camouflage », comme elle aimait à les appeler. Du coup, il avait fallu qu’elle se procure de nouveaux habits. Dans ses sacs, plusieurs pantalons, chemises, chaussures et un ou deux costumes qu’elle avait eu beaucoup de difficultés à essayer sans qu’un vendeur veuille lui apporter des précisions ou son aide pour quoi que ce soit. Exactement comme sur Terre. C’était pour ça qu’en général, pour plus de facilité et de commodité, c’était son père qui s’en chargeait. Maintenant… Maintenant elle devait se débrouiller.

Elle soupira de lassitude, mêlée à une touche de tristesse. Son père lui manquait déjà, et pourtant cela ne faisait pas si longtemps qu’elle… C’était encore difficile à admettre du fait qu’elle était bien en train de respirer et de pester après ses sacs, de marcher, de sentir les odeurs de ce monde. C’était comme une sorte de rêve particulièrement réaliste. Cela ne faisait pas si longtemps qu’elle était morte. Décédée. Caput. Allez, Joan, ressaisis-toi ! La rouquine rangea proprement les nouveaux vêtements, avec une minutie presque obsessionnelle et maladive, dans son armoire, juste à côté de ses vêtements féminins. Avec ces deux piles de fringues, elle se sentit tout de suite bien mieux, revenant dans son quotidien ante mortem, avec ses points de repères immuables.

Il était aux alentours de vingt-deux heures, probablement plus d’ailleurs, puisque Joan se sentait de mieux en mieux au fur et à mesure que la nuit avançait. Elle avait toujours eu une certaine affinité avec la nuit, qu’elle trouvait agréable, reposante, paisible, et pendant laquelle elle se sentait presque en sécurité. Ces sentiments s’ajoutaient souvent à une légère excitation, le fait de se cacher dans l’ombre, puis de se jeter sur quelqu’un au hasard dans la rue en s’exclamant « bouh ! », ça, c’était ce qu’elle appréciait principalement dans la nuit. En même temps, venant de quelqu’un comme elle, c’était prévisible.

Après une légère hésitation, elle tira à pile ou face comment elle sortirait de chez elle, de façon à laisser le hasard déterminer si elle serait Joan ou John ce soir. Secrètement, elle espérait tomber sur pile, qui lui permettrait de tester en situation réelle ses nouveaux atours de camouflage ninja. Eeeeet… Yes ! Joan sourit en regardant sa pièce, dont la face « pile » lui tendait les bras. C’était un vrai soulagement pour elle, qui pouvait enfin reprendre en main cet aspect de son passé et qui lui échappait depuis quelques temps. Elle choisit dans son placard parmi ses nouveaux achats ceux qu’elle porterait, les déposa dans la salle de bain et entreprit d’opérer les modifications indispensables pour avoir l’air d’un homme. Plus particulièrement, elle devrait avoir l’air de John, un type carré, strict et qui tire la gueule. Son opposé, en somme. C’était toujours une étape qu’elle appréciait, où elle laissait toute sa facétie naturelle reprendre le dessus pour la grimer jusqu’à n’être plus reconnaissable, même par ses proches et ceux qui n’était pas au courant de son petit… hobby.

En fredonnant une chanson que son père lui avait apprise parce que sa mère l’aimait beaucoup, elle accentua discrètement l’angle de ses pommettes et l’arête de sa mâchoire, juste ce qu’il fallait pour que son visage soit moins féminin. C’était une étape délicate, parce qu’il fallait jouer uniquement sur les ombres et les teintes de carnation. Un faux pas, et non seulement elle devrait recommencer du début, mais en plus elle serait agacée et continuerait probablement sur sa lancée ratée. Cette fois, elle parvint à arriver au rendu qu’elle souhaitait, et s’attela au reste. Elle vérifia que ses ongles étaient courts, propres et nets, pour coller au caractère de John, minutieux et soigneux au-delà du possible, et en arriva enfin à l’aspect désagréable de sa « transformation ». Même si elle en avait maintenant l’habitude, compresser sa poitrine était toujours une tâche pénible. Pourtant c’était même pas si compliqué sur le papier. Le truc, c’était que, mal fait, c’était dangereux pour la santé, et vachement casse-pieds. Là, elle dut s’y reprendre à deux fois, avant de pouvoir respirer tranquillement.

En enfilant chemise blanche et pantalon en jean sombre, elle fit plusieurs mouvements amples des épaules pour ajuster les bandes et s’assurer qu’elles ne tomberaient pas facilement. Elle avait pris le soin de choisir un pantalon large, afin de ruser et abuser la vue des gens. L’un des obstacles auxquels se heurtaient les gens qui comme elle se travestissaient, c’était la largeur de hanches des femmes. Pour pallier à ce problème, elle avait choisi des vêtements amples pour aplatir ce type de formes. Le résultat, si on ne se focalisait pas dessus, était tout à fait acceptable. Elle glissa sous les épaules de sa chemise deux tampons de mousse rectangulaires pour élargir et « carréifier » ses épaules un peu plus qu’elles n’étaient déjà. Joan referma les boutons de la chemise jusqu’en haut, excepté le dernier qu’on laissait couramment ouvert, par une sorte de convention tacite. Elle glissa sa chemise dans son jean, s’observa un instant dans un miroir en pied qui se trouvait dans l’appartement et s’estima satisfaite. Elle avait choisi des chaussures à semelles épaisses, mais pas trop non plus, il n’aurait pas s’agit non plus de se retrouvée perchée sur une paire d’échasses. Non, disons qu’elle gagnait un petit centimètre et demi. C’était toujours ça de pris, se disait-elle, en voyant qu’elle était toujours plus petite que la moyenne de taille des hommes.

Après avoir enfilé ses chaussures et discipliné ses cheveux en une coiffure nette et sans bavure, sans place pour l’expression artistique, elle se sourit dans le miroir, avant de petit à petit mettre ses zygomatiques en veille. En quelques secondes, elle perdit tout ce qui faisait le charme de Joan : le sourire, la joie de vivre (quoique ce soit difficile, à présent qu’elle était morte), et retrouva avec plaisir le sérieux froid et carré de John. Même s’il était différent d’elle en tous points, songea-t-elle en sortant de chez elle et en refermant à clef, elle l’aimait bien, cet alter ego masculin. Il lui faisait presque l’effet d’un grand frère. Un grand frère taciturne, ronchon parfois, et pas très drôle, mais un grand frère quand même.

Alors qu’elle marchait au hasard dans les rues, se tenant le plus droite possible et en affichant une assurance qu’elle avait presque réellement pour se donner la prestance qui compenserait sa petite taille, elle s’entraînait à récupérer sa voix artificiellement grave. Au début, comme toujours, ce fut difficile, elle en avait mal aux cordes vocales, qu’elle maltraitait pour arriver au résultat désiré, mais, comme toujours là encore, elle y parvint. Juste à temps, remarqua-t-elle, parce qu’elle venait d’arriver sur la place centrale de la ville, Dinas. Celle-ci était décorée d’une fontaine glougloutante qui l’attira immédiatement. C’était comme une attirance violente et irrépressible, comme un appel au cœur de son moi. Elle fut tout simplement incapable d’y résister, et couvrit la distance qui la séparait de la fontaine, malgré son hésitation à s’approcher de la personne qu’elle venait de remarquer et qui était assise sur la margelle de la fontaine, à fumer tranquillement. Ses pas la menèrent presque contre son gré devant le petit édifice, et donc devant le fumeur également.

-Bonsoir, dit-elle poliment mais froidement avec la voix masculine de John.

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MessageSujet: Re: La nuit porte conseil. [Joan Foster]   Dim 13 Sep - 16:35

J'étais là, assis sur la fontaine à fumer une clope, sereinement, j'arrivais pas à répondre aux questions que je me posais quand tout à coup, une personne arriva. Bon, "tout à coup" c'est peut-être un peu trop sur le coup, elle est arrivée tranquillement, je l'ai entendue mais je n'ai pas su distinguer tout de suite si c'était un homme ou une femme, il faisait sombre et elle était plutôt éloignée de moi... Mais soudain une idée me traversa l'esprit: je pourrais mui demander où je suis, et surtout comment sortir, quoique, pour la dernière question je suis pas sûr, j'ai rien a faire dans le vrai monde... Et si elle ne voulait pas m'aider en répondant à mes questions ? Qu'elle coure, j'ai encore de quoi casser la gueule, voire plus, de plusieurs personnes, et là, je suis pas de bonne humeur.

Plus la silhouette s'avançait, mieux je distinguais ses traits, un homme, pas bien grand, roux, ah !pas facile l'enfance ! Il n'avait pas l'air bien sympathique, ça tombe bien pour lui, je suis pas un rigolo. Pendant qu'il sapprochait, je l'analysait, enfin, je regardais surtout si il n'avait pas d'armes visibles, au cas où la situtation tournerait "mal", même si j'aime bien tuer des gens, cacher le corps dans une ville que je ne connais pas risque d'être assez compliqué... M'enfin, il avait pas l'air bien joyeux, il avait un air d'homme sérieux, un homme d'affaire ou un scientifique je suppose, qu'est-ce que je peux les avoir en horreur ceux là ! C'est décidé, si c'est un sicentifique j'lui écrase la tête sous ma chaussure, ça va les salir mais pas de soucis, je nettoierais avec sa chemise.

J'avais pratiquement fini ma clope quand il est arrivé à ma hauteur et m'a dit froidement:

- Bonsoir.

Il y avait un problème avec sa voix, je ne sais pas vraiment quoi mais j'avais réussi à détecter un problème. Je ne lui ai quand même pas répondu tout de suite, j'ai tiré une dernière fois sur ma clope, puis j'ai mis une pichenette dedans, de façon à ce qu'elle arrive sur sa chemise, au niveau de son épaule. Je voulais lui montrer que j'étais pas sympa, mais j'avais besoin de lui, alors je vais pas le tuer non plus, pas maintenant... Je lui ai donc dit d'un air volontairement moqueur et hautain accompagné d'un sourire tout sauf sympathique:

- Oups.

Toujours avec le sourire, je me préparais quand même à me battre, je veux dire, on sait jamais, il est peut-être pas aussi calme qu'il en a l'air... Mais, même si je dois le tuer, je ne pense pas avoir beaucoup de mal, il n'est pas si musclé que ça et, comment dire, j'ai tué plus d'un gars dans ma vie...

Je lui ai donc dit:

- Tu saurais pas où on est par hasard ? Parce que, je suis censé être mort ou dans le coma et je me retrouve ici en pleine possession de mes moyens...

En attendant sa réponse je scrutais la moindre trace d'agression de sa part, juste au cas où il serait suicidaire...

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Joan Foster
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MessageSujet: Re: La nuit porte conseil. [Joan Foster]   Mar 22 Sep - 23:33

Joan intercepta les coups d’œil jetés par le type assis sur la fontaine, sa cigarette entre les lèvres. Oui, elle était petite, et oui, elle était rousse, un problème, monsieur l’ours mal léché ? Non, elle ne dirait pas cela, elle était polie, et John répondait à une exigence de froideur et d’absence d’émotions, et puis… C’était courant ce genre de réaction, elle l’avait souvent vu et n’en gardait pas rancœur. Elle ne pouvait pas se permettre de se laisser aller, alors qu’elle maîtrisait son personnage à la perfection. Elle tenta de se soustraire à l’attraction qu’exerçait sur elle cette stupide fontaine pour faire un peu plus attention à cet homme, ce qui aurait été la moindre des politesses, et… fut exaucée. L’homme lui jeta son mégot de cigarette dessus d’une pichenette. Joan aurait réagi par une moue désappointée, éventuellement par l’humour. Du genre « zut, maintenant je vais faire tache ». Ou alors, elle aurait râlé un peu, du fait qu’elle venait à peine d’acheter ces vêtements. Au lieu de ça…

La rouquine dépoussiéra sa chemise d’un revers de la main, enlevant la majorité des cendres qui s’étaient accrochées au tissu en soupirant doucement. Il restait sur la chemise une trace sombre qui ne partirait sûrement pas de sitôt. Joan haussa légèrement un sourcil à demi agacé en entendant le « oops » qui lui fit se hérisser la nuque sous l’effet de la rage brûlante qui manqua la submerger. Cette intonation avait juste le don de la faire bouillir intérieurement. Elle inspira profondément et silencieusement pour ne pas attirer l’attention du type, qui était bien plus grand qu’elle et pouvait très bien, après cette provocation, décider de lui casser la figure de façon tout à fait arbitraire.

L’homme reprit la parole, cette fois pour une tirade plus longue.

-Tu saurais pas où on est par hasard ? Parce que, je suis censé être mort ou dans le coma et je me retrouve ici en pleine possession de mes moyens...

Elle s’autorisa un air suprêmement satisfait, que John aurait tout aussi bien pu arborer que son alter ego féminin, qui lui donna la prestance qui lui faisait défaut du fait de sa petite taille. Il commençait par lui pourrir sa chemise, mais avait besoin d’aide pour en apprendre plus sur ce monde ? Aha, tu vas voir, mon gars… Joan n’était pas du genre belliqueuse, ni inutilement violente ou cruelle, mais elle était joueuse et avait la réplique facile. Si cet homme cherchait la castagne, elle pourrait lui en offrir. Gratis.

Elle jeta un coup d’œil rapide au fumeur pour évaluer la menace qui émanait de lui, et remarqua qu’il semblait attendre quelque chose. Quelque chose d’un peu plus… intéressant et palpitant qu’une simple indication sur le lieu où il se trouvait. Joan prit le temps de s’asseoir sur le rebord de la fontaine et de laisser le bout de ses doigts tremper dans l’eau fraîche. Alors que l’onde glougloutait contre sa peau, elle sentit une sorte de plénitude lui tomber dessus, l’envelopper comme une couverture chaude et souple. Elle s’appliqua cependant à faire conserver à son visage une expression neutre, voire encore un peu satisfaite.

-Où nous sommes ? Ma foi, sur la place centrale, à côté d’une charmante fontaine en sus, répondit-elle en prenant un malin plaisir, presque sadique, à ne répondre à la question qu’à moitié, et de mauvaise foi.

Elle sortit sa main de l’eau et la secoua pour la sécher un peu. Son regard orangé s’égara dans celui de cet impoli monsieur. Elle garda le silence encore une longue minute, à défier du regard celui qui l’avait défiée, sans pour autant ajouter l’once de sarcasme de trop, qui aurait fait exploser la grenade dégoupillée qu’était cet homme.

-Nous sommes dans l’outre-monde, nous sommes morts, vous et moi. Vous avez été choisi pour bénéficier d’une vie supplémentaire ici, pour quelle raison, je l’ignore. En tout cas, sûrement pas pour votre sens des contacts.

Joan toussa bruyamment, les deux mains devant la bouche, du fait de ses cordes vocales martyrisées. Même en ayant l’habitude, il lui semblait à chaque fois qu’elle s’arrachait la gorge. Après avoir bien craché ses poumons, elle reporta le visage froid et sarcastique de John sur son interlocuteur.

-D’autres questions, Mister Cigarette, ou vous allez vous en tenir à écraser des mégots sur mes vêtements ? railla-t-elle avec un bon gros sarcasme peut-être un peu trop à la limite de l’acceptable avant l’explosion.

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